Les données personnelles, le nouvel eldorado ?

Thème : L'économie numérique et le traitement avancé des données : levier de croissance et de compétitivité en France et en Europe

Mercredi 29 Mai 2013, de 16h15 à 18h15
Salle Galliera

La valeur totale des données personnelles de l’ensemble des consommateurs européens était estimée à 315 milliards d’euros en 2011 (Boston Consulting Group, novembre 2012). Souvent qualifiées de « carburant de l’innovation », les données personnelles sont devenues un facteur de différenciation essentiel et un élément central du modèle économique des fournisseurs de contenus et services dans l’économie numérique. La valeur des données personnelles est telle que la taxation de leur exploitation est aujourd’hui au centre des enjeux de la fiscalité numérique.

Or, ce sont précisément ces données, qui ont le plus fort potentiel pour l’innovation, qui font l’objet de la protection la plus stricte en Europe, au titre légitime de la protection de la vie privée du citoyen et des droits du consommateur. La révision de la directive 95/46/CE, relative à l’exploitation des données à caractère personnel, devrait renforcer les cadres existants en la matière afin de répondre aux évolutions technologiques. En effet,  les systèmes analytiques  permettent aujourd’hui, par le jeu des corrélations et des recoupements, d’identifier des personnes physiques ou morales à partir de données anonymes, soulevant la question de la définition même d’une  « donnée personnelle ».

Le développement des marchés et usages porteurs pour le secteur de l’information (text-mining, business intelligence, cartographie…) dépendra de la capacité du législateur et des différents acteurs à instaurer un environnement  de confiance permettant l’exploitation de cette matière stratégique dans le respect de la vie privée des utilisateurs.  Mais une partie de la réponse viendra peut-être aussi des citoyens, partagés entre le souhait d’accéder gratuitement aux contenus et aux services sur les réseaux, tout en exigeant davantage de garanties sur la protection des informations les concernant. Dans ce domaine, des initiatives intéressantes issues du monde anglo-saxon peuvent être étudiées, comme les démarches de « smart-disclosure ».      

Cet atelier laboratoire vous propose d’identifier les bonnes pratiques à travers le retour d’expériences de porteurs de projets innovants, de juristes et d’experts sur la question de la protection des données à caractère personnel.

Les ateliers-laboratoires sont conçus comme des sessions de co-création, au cours desquelles des experts interviennent de manière courte  pour   présenter un retour d’expérience. Les participants à l’atelier (en nombre limité) sont ensuite invités à contribuer à la réflexion. Les ateliers-labo se dérouleront dans un espace particulièrement convivial, l’Espace Galliera.

Animateur : Paul-Olivier Gibert, Président de l'AFCDP, Dirigeant de Digital&Ethics, Association Française des Correspondants à la protection des Données à caractère Personnel

Intervenants :

Maître Alain Bensoussan, Bensoussan Avocats, Président du réseau Lexing

Daniel Kaplan, Délégué Général de la FING, Fondation Internet Nouvelle Génération

Catherine Lejealle, Professeur Associé à l'ESG Management School, co-titulaire de la Chaire Digital Business, ESG Management School

Marie-Blanche Niel-Gilly, Directrice des données personnelles et Correspondant Informatique et Libertés, Solocal Group

Valérie Peugeot, Chercheuse à Orange Labs, en charge des questions de prospective au sein du laboratoire de sciences humaines et sociale, Membre du Conseil National du Numérique

Les données peuvent-elles être mobilisées au service du développement ? Retour d’expérience sur le concours « Data for development ».

A travers le concours « Data for development » dont les résultats ont été dévoilés début mai 2013, Orange a mis à disposition d’une communauté de chercheurs du monde entier 5 mois de données collectées sur le réseau de téléphonie mobile d’Orange Côté d’Ivoire, avec l’objectif de soutenir l’aide au développement dans ce pays. Le nombre, la créativité et la qualité des projets soumis témoignent de la multiplicité des usages possibles, aussi bien pour les politiques publiques de développement urbain que la recherche épidémiologique ou la construction de modèles d’optimisation de la consommation énergétique et des émissions de C0²… Le concours a été aussi l’occasion d’aller plus loin dans la compréhension des enjeux d’anonymisation.

Valérie Peugeot, Chercheuse à Orange Labs, en charge des questions de prospective au sein du laboratoire de sciences humaines et sociale, Membre du Conseil National du Numérique

Présentation du projet et de l'expérimentation MesInfos

Le projet MesInfos de la Fing  explore avec un petit groupe d'entreprises pionnières le "retour" des données personnelles que détiennent les organisations, aux individus qu'elles concernent : "Si j'ai une info sur vous, vous l'avez aussi... et vous en faites ce qui a du sens pour vous !"

Daniel Kaplan, Délégué Général de la FING, Fondation Internet Nouvelle Génération

Quel(s) impact(s) de la proposition de règlement européen sur la protection des données personnelles pour un groupe comme Solocal Group, collecteur de données personnelles ?

En janvier 2012, la Commission européenne a rédigé une proposition de règlement européen sur la protection des données personnelles dans le but de remplacer la directive existante de 1995, jugée trop peu protectrice des données des internautes.

Solocal Group, bien que favorable à la démarche de la Commission européenne qui s’inscrit dans un renforcement de la protection des internautes vis-à-vis du traitement de leurs données personnelles par les acteurs du numérique s’inquiète de l’impact de ce nouveau texte.

Certaines modalités du règlement soulèvent en effet quelques points d’attention pour le Groupe, dont l’activité principale est centrée sur la collecte, le traitement, l’enrichissement et l’exploitation des données personnelles. 

 

 

Marie-Blanche Niel-Gilly, Directrice des données personnelles et Correspondant Informatique et Libertés, Solocal Group

Les usagers perçoivent-ils la valeur de leurs données personnelles et les risques associés ?

Catherine Lejealle a réalisé fin 2012 une enquête ethnographique de type qualitative sur les traces numériques et les questions de droit à l'oubli auprès de 100 usagers franciliens, visant à recueillir leurs perceptions de la valeur des données personnelles et des risques encourus dans la sphère privée (Facebook), professionnelle (Linkedin) et commerciale.  Quelles différences de genre ou de génération peut-on observer ? Quelles revendications des usagers en matière de droit à l'oubli, tel qu'il se décide actuellement en droit européen ? Quelles implications managériales peut-on en tirer ?      

Catherine Lejealle, Professeur Associé à l'ESG Management School, co-titulaire de la Chaire Digital Business, ESG Management School